De Paris à New York

Mais qu’est ce que c’est que cette histoire ? Des passants surpris s’interrogent, des photographes marchent le nez en l’air et scrutent les toits. En tout, plus de quinze chats jaunes se promènent en ville et suscitent des commentaires. Pour certains, il est l’oeuvre d’étudiants des Beaux-Arts. Pour d’autres, non pas du tout, seuls des acrobates du cirque peuvent s’aventurer si haut sur les toits. Il se dit aussi que ce sont des jeunes filles qui ont peint ce chat à l’acrylique. La rumeur enfle, bientôt renforcée par une présence dans d’autres villes. Le chat est vu à Orléans, Rennes, Tours, Blois, La Rochelle, l’Ile de Ré, Saint-Etienne… puis à Paris.

A partir de l’an 2000, celui que l’on nomme désormais “Monsieur Chat” envahit les toits de la capitale et ne passe pas inaperçu. Là encore, une nouvelle chasse au chat commence. Les médias s’en mêlent aussi. Avec la même question : d’où sort ce chat sympa ? Pacifique, il porte parfois des ailes dans le dos depuis la guerre en Irak. Engagé, il manifeste à la Bastille sur une pancarte sous-titrée “Je ris jaune”, après le premier tour des élections présidentielles de 2002. Il s’invite de la même façon à la “Street Parade” de Zurich. Et passe son temps à sourire, quel plaisir !

Hors frontières, des photos diffusées sur internet le montrent un jour sur le tramway de Sarajevo, à New York, Londres, Amsterdam, Genève, Vienne, Francfort, Honk-Kong. La presse s’interroge encore, le cinéaste et essayiste Chris Marker (1921-2012) aussi. Intrigué, le réalisateur de “La Jetée” se prend au jeu, filme les chats jaunes parisiens et raconte sa recherche dans “Chats Perchés”, un film-documentaire sur l’après 11 septembre, sorti en 2004 et dédié “à M. Chat et à tous ceux, comme lui, qui créent une nouvelle culture”. A cette occasion, un gigantesque chat jaune est peint sur le parvis du Centre Pompidou à Paris et contribue à sa notoriété.

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