"Des murs beaux comme des peintures"

C’est la faute au chat jaune ! Un jour de 1999, il souriait de toutes ses dents du haut de plusieurs immeubles nantais. A Paris, l’année suivante, il courait sur des toits ! Grâce à lui, les murs ont pris un autre sens : un monde s’est révélé, celui de l’art urbain et du graffiti.

En marchant dans les villes avec cet intérêt en tête, on se rend compte que chaque pas, ou presque, est l’occasion de lire une inscription, de voir un tag, de photographier un collage, un pochoir ou un graff. Il y en a partout ! Et soudain, le paysage urbain n’est plus le même. La rue devient comme un vaste musée en plein air, des œuvres y sont exposées, d’autres cachées, on peut s’amuser à chercher, ou laisser venir et se faire surprendre.

Et l’on repense au documentaire d’Agnès Varda, « Murs Murs », filmé dans les années 1980 à Los Angeles. Elle dit qu’elle y a vu «des murs beaux comme des peintures, signés par des dizaines d’anonymes sur des murs longs comme des serpents mythiques. C’était le début d’une aventure pleine de plaisirs et de surprises, celle des murs peints». Et l’on se dit que oui, c’est exactement ça, c’est «une aventure pleine de plaisirs et de surprises» que de partir à la rencontre de cet art contemporain.

Alors on épie les murs, on photographie, on cherche à comprendre, on finit par se prendre au jeu et se laisser embarquer par cette culture vivante, pleine d’énergie. Pour en savoir plus, on sollicite celles et ceux qui ont marqué le territoire de la ville, qui en sont la mémoire. Sur le chemin, il y a des passeurs comme Jiem, Camo et Aise, Ador, Korsé, Persu, Dirti, Sona, Web’s. Il y aussi The Blind et The Postman Quartet, qui donnent un sérieux coup de main et remettent les pendules à l’heure.

Et c’est ainsi qu’un livre prend forme, complété par des témoignages et des archives. Entre deux anecdotes, des artistes de rue et des graffeurs ouvrent volontiers leurs vieux albums, puisent dans des boîtes à chaussures remplies de photographies, confient des négatifs, enrichissent les pages de leurs images. Certains acceptent aussi de prendre la plume. Avec leurs mots, leur ton, ils (se) racontent. Et permettent de mieux comprendre un art éphémère puni par la loi.

Telle est la proposition de cet ouvrage, qui n’a pas la prétention d’être exhaustif. Il ne s’agit pas de raconter l’Histoire du street art et du graffiti à Nantes, mais de faire partager l’itinéraire d’une découverte, personnelle et subjective. Grâce à l’investissement d’artistes de rue et de graffeurs, « Nantes, street art & graffiti » invite à entrer dans leur monde. Et à regarder les murs autrement.

Telle est aussi la proposition de ce blog, qui invite à redécouvrir le livre en ligne, actualisé et enrichi de nouvelles photos.

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