Sur les pas du chat jaune

Les histoires de murs sont parfois le fruit du hasard. Un beau jour de 1999, ou plutôt une nuit, un gros chat jaune, au sourire aussi énigmatique que celui d’Alice au Pays des Merveilles, s’est posé sur les murs et sur les toits de Nantes. “Le mystère persiste sur la ville. Plein de chats partout “, écrivent des internautes tandis que des photos circulent sur des sites et sur des blogs. Après la surprise de la découverte, les questions fusent : d’où vient ce drôle de chat perché ? Qui l’a peint ? Combien y’en a t-il ? Où ?

Le jeu de piste commence. Il suffit de se promener dans la ville et d’ouvrir les yeux. Tiens, en voilà un, cours des 50 Otages, au premier étage d’un immeuble penché en voie d’être restauré : il apparaît à un balcon fleuri, dessiné sur une fenêtre murée. De toutes ses grandes dents, il sourit, l’air content ! Un peu plus loin, place de l’Ecluse, le revoici, peint à un mètre du sol. A deux pas, rue du Moulin, il bondit sur un mur près d’un canisite, toujours avec cet immense sourire bizarre, entre moquerie et bienveillance, difficile de savoir. Cette fois, il se présente : “M. Chat”. Enchanté !

Et ça continue dans d’autres rues : “le chat jaune”, comme on l’appelle alors, grimpe les escaliers de l’îlot Boucherie, se pose sur les marches du Pont Sauvetout, s’attarde sur celles de la rue de l’Echelle, se balade sur les hauteurs de la rue du Vieil Hôpital. On le retrouve aussi à deux reprises à la médiathèque : l’un gambade, l’autre lit avec malice un livre sur les chiens.

Rue de l’Héronnière, près de l’école du Chêne d’Aron, le chat est encore là ! Rue du Chapeau Rouge aussi : caché dans un coin, il déplie un plan de Nantes. Un peu plus haut, un parachute dans le dos, il regarde les passants du toit d’un immeuble. Il faut encore lever la tête pour l’apercevoir à un arrêt de bus sur les hauteurs de la rue du Calvaire. Même chose sur le toit du magasin C&A qui devient “Chat&A” sur le panier du félin. Malin, le matou s’offre aussi des tours de manège gratuits avec vue sur la ville, via le chariot élévateur d’un échafaudage posé sur l’église Saint-Nicolas. On l’aperçoit aussi sur les hauteurs du CHU où il salue les Nantais sur l’air connu de “Ils ont des chapeaux ronds…”.

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