nantes

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En sortant un peu de la ville, on découvre parfois par hasard d’autres lieux d’expression. Dans l’agglomération, certains sont autorisés à la pratique du graffiti, comme à Bouguenais, où un mur a été donné aux graffeurs en 2007 près de la mairie annexe. Ce spot est souvent occupé par Ador et ses copains et donne lieu à de gigantesques fresques.

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Du côté de Rezé, au bout du quai Léon Sécher, au bord de la Sèvre, les piliers du pont des Bourdonnières sont également remplis de couleurs. Mis à disposition par l’Association rezéenne pour l’enfance et la jeunesse (Arpej) en avril 2008, ils sont « une façon de valoriser cet art de rue, souvent pratiqué dans les tunnels et les terrains vagues ». L’occasion de se promener dans la nature et d’avoir de jolies surprises en découvrant des peintures.

 

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Le gymnase du Jamet, près de l'arrêt de tramway du même nom, accueille des peintures depuis le début du mouvement graffiti à Nantes. Y sont notamment passés des graffeurs de la old-school comme Web's et Nasher. Les crews B2M et OOC ont également marqué les lieux, revisités de temps à autre.

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En plein centre de Nantes, à proximité de l'Hôtel Dieu, le skatepark extérieur de la place Alexis Ricordeau attire les amateurs de glisse mais aussi les graffeurs. Très prisé, le site est toujours rempli de monde. Les skates ou rollers côtoient ainsi les tags et les graffs, quelques pochoirs et collages, depuis des années. De la mini-rampe aux marches, tout est rempli de couleurs !

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Aménagée en 2012 près du boulevard Babin-Chevaye, sur l'île de Nantes, la toute récente rue Paul Nizan est déjà devenue un lieu incontournable pour les amateurs de skate et pour les graffeurs. Ceux-ci ont investi un immense mur encore vierge en 2013. Depuis les graffs et les tags se succèdent. Le mur est désormais entièrement recouvert de peintures.

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A force d’étudier et de photographier des graffs, on finit par se familiariser avec cet univers, on déchiffre des noms, on identifie des signatures, on reconnaît peu à peu des styles et des peintures murales. Certaines éblouissent totalement. On se demande qui se cache derrière mais on n’ose pas aborder ni déranger les graffeurs aperçus ici et là, surtout sur le quai de la Loire ou à la Meuse. On passe de préférence aux heures où les lieux sont déserts. On sent que ce monde est à part, on se demande comment le comprendre, quelles sont les clés.

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Forcément, on finit par attraper Ador, on apprend à le connaître, on se fait expliquer des choses puis l’on assiste à des moments de peinture, on le regarde dessiner et rigoler avec ses copains. On rencontre son ami Sémor, avec qui il peint et travaille depuis huit ans. L’énergie est collective et joyeuse, l’ambiance toujours à la fête. Des personnages en mettent plein la vue, qui sortent d’abord d’un carnet de croquis puis apparaissent sur un mur. On regarde naître en direct ces créatures imaginaires, on les voit évoluer, changer de tête, de posture et d’humeurs, jusqu’à la signature finale.

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On pourrait rester des heures à observer son travail aux détails fournis et soignés. Sémor peut en effet passer tout un moment à peindre de petites choses qui complètent un ensemble. Accumulation d'objets, oiseaux en pagaille, animaux bizarres, personnages rigolos et décalés, tel est son univers qu'il partage régulièrement avec Ador. Si les deux sont inséparables et se complètent, chacun garde son style. Celui de Sémor est riche et puissant.

 

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On ne peut pas le manquer tant ses personnages sont énormes ! Korsé, graffeur depuis l'âge de 19 ans, s'est spécialisé dans les gros graffs ! Ainsi de ses animaux, qui occupent parfois un mur entier ! Baleines, singes, rats, dragons... sont au menu chez cet illustrateur, qui nous livre ici sa recette !

 

"Éplucher les crayons graphites, puis les faire revenir dans une poêle en papier 230 g / m2 avec de l’essence de térébenthine. Ajouter dans ce même contenant, une cuillerée à soupe de Magritte, trois pincées de dessin d’Escher, un sachet d’absurdité vanillé, puis mélanger le tout avec 50 Go de musique éclectique.

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D'un spot à un autre, on retrouve aussi Osmoz, membre du crew E2S. Entre deux lettrages, lui aussi peint surtout des personnages, en se laissant guider par son état d’esprit du jour et ses centres d’intérêt du moment. Dans son monde, il y a souvent des animaux rigolos, quelques messages et de drôles de têtes !

 

"D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours dessiné. C’est un moyen d’expression privilégié pour moi. Très jeune, j’esquissais tout ce qui me passait par la tête. Ca pouvait être ce qui m’entourait ou un état d’esprit du moment. J’étais plutôt introverti.