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Artiste urbain depuis les années 1980, Jef Aérosol, né à Nantes en 1957 sous le nom de Jean-François Perroy, est aussi très connu. S’il a grandi du côté de la butte Sainte-Anne et décroché un bac littéraire au lycée Jules Verne, c’est à Tours qu’il a obtenu son Capes d’anglais et posé son premier pochoir en 1982. « A Nantes, j’avais vu des affiches signées ‘Clic-Clac’. Il y avait aussi un bombage ‘Alertez les bébés’, qui correspondait à une chanson d’Higelin ». La curiosité éveillée, « intrigué » puis « titillé », il s’y met, commence par fabriquer des pochettes de disques et des affiches. Peu à peu, il multiplie les portraits au pochoir avec des anonymes mais surtout des icones rock, des écrivains cultes, des stars du cinéma...

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Jef Aérosol n’est pas le seul parmi ces « artistes de passage » : Poch, Tristan des Limbes, Fred Le Chevalier, Nine Antico, DS, GLC, Karton, Oré, Pole Ka, Damien Paul Gal, Madame Moustache… se sont aussi arrêtés dans la ville. C’est également le cas de Tian, qui évolue entre art contemporain et art urbain.

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Le collectif Nice Art laisse aussi régulièrement son empreinte à Nantes. Depuis 1986, ces artistes parisiens, originaires de Nice, mettent de la poésie sur les murs, entre collages et pochoirs. Musiciens, chanteurs, écrivains, acteurs… sont aussi déclinés en pochoirs sur des disques vinyles. Déposés un peu partout en France et en Europe, ces 33 tours numérotés et signés sont souvent emportés par des curieux, des collectionneurs ou des fans. La suite de leurs aventures est parfois racontée par ceux qui les ont dérobés sur le site du collectif. Si quelqu’un sait ce qu’Audrey Hepburn (aperçue rue des Olivettes) et Arthur Rimbaud (sur l’île de Nantes) sont devenus…

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Depuis les années 1980, le peintre Paul Bloas dépose lui aussi son travail à Nantes. Régulièrement, il y créé la surprise avec ses immenses peintures colorées de 2 X 3, 80 m. Des géants en papier surgissent soudain au coin des rues, sur le port, sur le quai Wilson, le quai des Antilles, le blockhaus DY10… D’autres apparaissent à Rennes, Paris et Brest, où réside l’artiste. Ces silhouettes colossales disparaissent avec le temps, les intempéries ou la main des hommes mais laissent souvent des traces dans les mémoires tant elles sont impressionnantes.

 

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Et puis, il y a le parisien Space Invader, l’un des artistes les plus actifs de la scène internationale, qui préserve son anonymat comme l’anglais Banksy. Au même titre que leur ami Shepard Fairey, ils sont aujourd’hui encensés par le monde de l’art et font partie des « célébrités mondiales du street art ».

Depuis le milieu des années 1990, Invader s’est fait connaître avec ses envahisseurs de l’espace, fabriqués en mosaïque puis collés avec du ciment dans des lieux stratégiques et emblématiques de l’espace public. Un moyen ludique de faire diversion et de s’opposer à la publicité. Avec un objectif affiché : lancer une invasion « artistique ».

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D’autres amateurs de mosaïques utilisent le même procédé et la même technique qu’Invader. Certains restent inconnus et anonymes, d’autres se cachent derrière un pseudonyme. C’est le cas de « Chilirv » qui diffuse des fantômes de Pacman dans la ville, ou de « Waldo », passionné de jeux Nintendo. Les interviews qu’il a accordées à la presse locale fin 2011 ont été l’occasion d’apprendre qu’il est à l’origine de plusieurs mosaïques apparues dans la ville : la tortue « Koopa Troopa » de la rue Corneille, le « Super Mario » de la rue de la Barillerie, « Mr Gentleman » à Trempolino, « Luigi » à Stéréolux, « Monsieur Costaud » à l’école Molière et « Monsieur Glouton » à celle du Chêne d’Aron, « Mondrian » place du Commerce...

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Et puis sur les murs, il y a des taches, des trous, des lézardes, des zébrures, des moisissures et parmi toute cette matière vivante qui évolue avec le temps, des traces laissées par des mains anonymes. Inscriptions, dessins enfantins, gribouillis, mots ou cœurs gravés marquent la pierre, le bois, le ciment, l’écorce des arbres.

 

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Une inscription spontanée ou un dessin tracé sur un support non autorisé et non prévu à cet effet, dans la sphère publique ou privée. Tel est le premier sens du mot graffiti, dérivé du latin graphium (style, poinçon pour écrire sur la cire) qui tire son étymologie du grec graphein (qui signifie indifféremment écrire, dessiner ou peindre). Dans la langue française, le mot vient de l'italien graffito et apparaît pour la première fois en 1856 dans le livre « Graffiti de Pompéi, inscriptions et gravures tracées au stylet » de Raphaël Garucci. L’auteur relève les mots, phrases et dessins retrouvés à Pompéi, où l’on peut aujourd’hui encore lire des graffiti âgés de deux millénaires.

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« Mur, je suis surpris que tu ne te sois pas effondré sous le poids des bêtises de tous ceux qui ont écrit sur toi ! » Cette inscription retrouvée à Pompéi date de 2000 ans. Encore d’actualité, elle fait sourire et reflète aujourd’hui encore une réalité : les murs parlent et racontent parfois n’importe quoi !

Il suffit d’aller dans le centre-ville, de se promener du côté des facultés, des collèges et lycées, dans les quartiers, les usines abandonnées, sans oublier de jeter un œil dans les toilettes des bars. Les latrines du Lieu Unique sont par exemple particulièrement source d’inspiration, tant du côté des messieurs que des dames !

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D’autres inscriptions, en français ou en anglais, donnent à lire des extraits de chansons, de poèmes, des citations. Ou sortent droit du cœur : les mots d’amour, les « Je t’aime » et « I love you », se comptent à la pelle ! Des messages personnels, parfois avec de grosses fautes d’orthographe, apparaissent aussi régulièrement sur les murs : « Je voudrais vivre dans une comédie musicale », « On a frôlé la vie », « Guillaume, trouves donc quelqu’un de confiance pour tes clés », « Holà amigo, à la revoyure »…

Certains se veulent humoristiques : « Ceci n’est pas la ville de Nantes », « Inspect her gadget », « Peace love and Mickey mouse », « Le sens de l’humeur », « Je cours plus vite que vous », « Oh ! Le beau mur… », « On se pose on compose on se décompose, amen »…