graffiti

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Les camions de marché et les camionnettes ne sont pas non plus épargnés par les tags et les graffs. Comme pour les trains, ce support est un moyen de mieux se faire connaître à travers la ville. Ce qui ne réjouit pas forcément les propriétaires des véhicules...

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Avec le tag est loin de l’univers du street art, et c’est dans un tout autre monde que l’on met soudain les pieds. Un monde codé, technique, avec son vocabulaire bien à lui, qui ne semble pas s’adresser au grand public. Pour le tagueur, si l’on comprend bien, le souci n’est pas de plaire. L’objectif est de se créer une identité et de se faire connaître (et reconnaître) de ses pairs, donc de diffuser sa signature le plus possible, en grande quantité et de préférence avec qualité, dans un maximum d’endroits. “On peut juste signer ou faire un lettrage super rapide avec une forme ronde parce que ça va plus vite. Généralement il y a deux couleurs, l’une pour le remplissage, l’autre pour contour. On appelle ça un flop ou un trow-up.

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A Nantes, “un plan d’action de lutte contre les graffiti”a été mis en place par la communauté urbaine : tous les tags et les graffs qui ne sont pas sur des murs légaux sont systématiquement effacés. Depuis avril 2002, six équipes spécialisées sont chargées de cette tache quotidienne dans le centre ville. En janvier 2003, le dispositif a été complété avec des entreprises privées, missionnées pour le nettoyage des autres quartiers.

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Pour la petite histoire, c’est avec le tag que le graffiti est né aux Etats-Unis, à Philadelphie, où les gangs avaient pour habitude d’écrire leur nom dans leur quartier. Sans le savoir, deux adolescents ont donné naissance au graffiti-signature en marquant les murs de la ville de leur pseudonyme (“Cool Earl” et “Cornbread”) à la fin des années 60. New York a fait le reste : en 1969, le métro est pris d’assaut par des graffeurs (ou “writers”) qui recouvrent les rames de leurs blazes (“Taki 183”, “Tracy 168”, “Akmy”, “Stay High 149”…) et se livrent à une vraie compétition visuelle. Spectaculaire, le mouvement prend de l’ampleur puis évolue. Les writers réalisent qu’ils doivent jouer sur la couleur et la taille pour attirer l’attention, et se soucient d’esthétique.

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Les terrains vagues, les friches industrielles, les maisons et usines abandonnées sont des lieux parfois fréquentés par des curieux, des promeneurs du dimanche et des photographes en tous genres. Certains y cherchent les marques du passé enfoui sous la rouille et la poussière, perdu sous la végétation sauvage, caché sous la saleté et le désordre laissé. D’autres s’intéressent à l’architecture, à la mémoire d’un site, à ce qu’il en reste.

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A Beaulieu, l'ancienne Fonderie de l’Atlantique en a vu de toutes les couleurs pendant de longues années. Situé dans le centre-ville, ce spot a rassemblé de nombreux graffeurs à l'occasion de peintures collectives ou individuelles. Après travaux, cette friche accueille aujourd'hui des bureaux, des logements et des espaces publics.

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A l'occasion des travaux de réaménagement du site de l'ancienne fonderie à Beaulieu, quelques murs sont restés debout, qui ont accueilli de nombreux graffs. C'était le cas Place des Fonderies, un spot aujourd'hui totalement disparu.

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Les terrains abandonnés ne manquent pas, depuis bien longtemps investis par les graffeurs. La relative tranquillité des lieux leur donne l’occasion de peindre en prenant le temps. Et c’est ainsi que des fresques, individuelles ou collectives, apparaissent puis disparaissent, une peinture en remplaçant une autre, entre deux tags. Le spot de La Colinière en sait quelque chose. Là, le long d’une voie ferrée désaffectée, c’est un mur immense qui en voit regulièrement de toutes les couleurs, depuis une vingtaine d'années.

 

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Le gigantesque terrain des Abattoirs, à Rezé, restera dans toutes les mémoires. Sur ce site industriel de plus de 10 hectares, le graffiti a fait loi jusqu'à la démolition des lieux. De loin, on voyait une multitude de tags et de graffs sur les façades extérieures et les toits des bâtiments. A l’intérieur, certaines salles étaient inaccessibles, car trop obscures ou dangereuses. D’autres, immenses, laissaient passer la lumière naturelle et accueillaient tags, graffs, inscriptions, quelques pochoirs et collages, aux rez-de-chaussée et sur tous les étages. Visite des lieux.

 

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Restée à l’abandon depuis le transfert des Abattoirs en 2002, la friche industrielle de Rezé a longtemps marqué le paysage. Recouverts de graffs et de tags, les bâtiments délabrés attiraient l'attention des passants et automobilistes. Jusqu'à leur démolition en 2015, les lieux ont été régulièrement fréquentés pas les graffeurs aussi bien que par des promeneurs curieux. Dernier retour en images sur ce site qui restera dans la mémoire collective du graffiti à Nantes.