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sarah, guilbaud, nantes, streetart, graffiti

Si l'on s'aventure du côté de La Haluchère, on peut se laisser guider par un sentier boisé qui longe le péripérique. Bordé de peintures, le chemin est bien connu des graffeurs qui y viennent souvent. Des jams (peintures collectives) y sont régulièrement organisées. Petit tour des lieux.

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Dans la ville, à force de marcher en cherchant des couleurs et des lettres, on se rend finalement compte que le graffiti est partout, et particulièrement sous les ponts. Au programme de la balade : le boulevard Carnot (sous la tour LU), les deux rives du pont de Tbilissi, le pont Clemenceau (boulevard Blanchot), le pont Aristide Briand (quai Magellan) et celui du boulevard Gaston Doumergue. Boulevard Bénoni-Goulin, ce sont les piliers du pont SNCF qui accueillent des graffs.

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Nantes s’est inspirée de l’expérience lancée à Rennes en 2002 pour soutenir les graffeurs et les artistes de street art. En 2007, la Direction Enfance Jeunesse a mis en place un « Plan Graff », dispositif légal qui donne accès à des murs réservés pour la création. Pour la Ville, l’objectif est de « montrer la reconnaissance de cette pratique artistique et de donner un périmètre légal aux graffeurs ». Différents espaces (murs, palissades, piliers, ponts) sont ainsi mis à leur disposition, avec une règlementation adaptée à chaque site. Depuis le printemps 2012, des panneaux d’autorisation sont apposés sur ces murs pour une meilleure identification auprès de la population.

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En sortant un peu de la ville, on découvre parfois par hasard d’autres lieux d’expression. Dans l’agglomération, certains sont autorisés à la pratique du graffiti, comme à Bouguenais, où un mur a été donné aux graffeurs en 2007 près de la mairie annexe. Ce spot est souvent occupé par Ador et ses copains et donne lieu à de gigantesques fresques.

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Du côté de Rezé, au bout du quai Léon Sécher, au bord de la Sèvre, les piliers du pont des Bourdonnières sont également remplis de couleurs. Mis à disposition par l’Association rezéenne pour l’enfance et la jeunesse (Arpej) en avril 2008, ils sont « une façon de valoriser cet art de rue, souvent pratiqué dans les tunnels et les terrains vagues ». L’occasion de se promener dans la nature et d’avoir de jolies surprises en découvrant des peintures.

 

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Le gymnase du Jamet, près de l'arrêt de tramway du même nom, accueille des peintures depuis le début du mouvement graffiti à Nantes. Y sont notamment passés des graffeurs de la old-school comme Web's et Nasher. Les crews B2M et OOC ont également marqué les lieux, revisités de temps à autre.

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En plein centre de Nantes, à proximité de l'Hôtel Dieu, le skatepark extérieur de la place Alexis Ricordeau attire les amateurs de glisse mais aussi les graffeurs. Très prisé, le site est toujours rempli de monde. Les skates ou rollers côtoient ainsi les tags et les graffs, quelques pochoirs et collages, depuis des années. De la mini-rampe aux marches, tout est rempli de couleurs !

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Aménagée en 2012 près du boulevard Babin-Chevaye, sur l'île de Nantes, la toute récente rue Paul Nizan est déjà devenue un lieu incontournable pour les amateurs de skate et pour les graffeurs. Ceux-ci ont investi un immense mur encore vierge en 2013. Depuis les graffs et les tags se succèdent. Le mur est désormais entièrement recouvert de peintures.

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A force d’étudier et de photographier des graffs, on finit par se familiariser avec cet univers, on déchiffre des noms, on identifie des signatures, on reconnaît peu à peu des styles et des peintures murales. Certaines éblouissent totalement. On se demande qui se cache derrière mais on n’ose pas aborder ni déranger les graffeurs aperçus ici et là, surtout sur le quai de la Loire ou à la Meuse. On passe de préférence aux heures où les lieux sont déserts. On sent que ce monde est à part, on se demande comment le comprendre, quelles sont les clés.

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Forcément, on finit par attraper Ador, on apprend à le connaître, on se fait expliquer des choses puis l’on assiste à des moments de peinture, on le regarde dessiner et rigoler avec ses copains. On rencontre son ami Sémor, avec qui il peint et travaille depuis huit ans. L’énergie est collective et joyeuse, l’ambiance toujours à la fête. Des personnages en mettent plein la vue, qui sortent d’abord d’un carnet de croquis puis apparaissent sur un mur. On regarde naître en direct ces créatures imaginaires, on les voit évoluer, changer de tête, de posture et d’humeurs, jusqu’à la signature finale.