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Les villes en sont pleines, les services de nettoyage sont à l’oeuvre chaque jour, des habitants se montrent exaspérés : désormais plus nombreux que les graffiti traditionnels, les tags et les graffs sont partout, sur les portes d’immeubles et de garages, les palissades, les gouttières, les poubelles, les abris bus, les boîtes aux lettres, les murs sales ou fraîchement ravalés, les panneaux de signalisation, les camions de marché…

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Les camions de marché et les camionnettes ne sont pas non plus épargnés par les tags et les graffs. Comme pour les trains, ce support est un moyen de mieux se faire connaître à travers la ville. Ce qui ne réjouit pas forcément les propriétaires des véhicules...

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Pour la petite histoire, c’est avec le tag que le graffiti est né aux Etats-Unis, à Philadelphie, où les gangs avaient pour habitude d’écrire leur nom dans leur quartier. Sans le savoir, deux adolescents ont donné naissance au graffiti-signature en marquant les murs de la ville de leur pseudonyme (“Cool Earl” et “Cornbread”) à la fin des années 60. New York a fait le reste : en 1969, le métro est pris d’assaut par des graffeurs (ou “writers”) qui recouvrent les rames de leurs blazes (“Taki 183”, “Tracy 168”, “Akmy”, “Stay High 149”…) et se livrent à une vraie compétition visuelle. Spectaculaire, le mouvement prend de l’ampleur puis évolue. Les writers réalisent qu’ils doivent jouer sur la couleur et la taille pour attirer l’attention, et se soucient d’esthétique.

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Les terrains vagues, les friches industrielles, les maisons et usines abandonnées sont des lieux parfois fréquentés par des curieux, des promeneurs du dimanche et des photographes en tous genres. Certains y cherchent les marques du passé enfoui sous la rouille et la poussière, perdu sous la végétation sauvage, caché sous la saleté et le désordre laissé. D’autres s’intéressent à l’architecture, à la mémoire d’un site, à ce qu’il en reste.

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A l'occasion des travaux de réaménagement du site de l'ancienne fonderie à Beaulieu, quelques murs sont restés debout, qui ont accueilli de nombreux graffs. C'était le cas Place des Fonderies, un spot aujourd'hui totalement disparu.

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Le gigantesque terrain des Abattoirs, à Rezé, restera dans toutes les mémoires. Sur ce site industriel de plus de 10 hectares, le graffiti a fait loi jusqu'à la démolition des lieux. De loin, on voyait une multitude de tags et de graffs sur les façades extérieures et les toits des bâtiments. A l’intérieur, certaines salles étaient inaccessibles, car trop obscures ou dangereuses. D’autres, immenses, laissaient passer la lumière naturelle et accueillaient tags, graffs, inscriptions, quelques pochoirs et collages, aux rez-de-chaussée et sur tous les étages. Visite des lieux.

 

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Restée à l’abandon depuis le transfert des Abattoirs en 2002, la friche industrielle de Rezé a longtemps marqué le paysage. Recouverts de graffs et de tags, les bâtiments délabrés attiraient l'attention des passants et automobilistes. Jusqu'à leur démolition en 2015, les lieux ont été régulièrement fréquentés pas les graffeurs aussi bien que par des promeneurs curieux. Dernier retour en images sur ce site qui restera dans la mémoire collective du graffiti à Nantes.

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Depuis une vingtaine d'année, l’ancienne Fabrique à Glace, près de la raffinerie Say, est aussi un lieu privilégié des graffeurs. Visibles du pont des Trois-Continents, les murs offrent en effet une large visibilité. Régulièrement, des peintures apparaissent ainsi le long de ce quai, peu fréquenté des promeneurs et souvent occupé par des gens du voyage.

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Du côté du Bas-Chantenay, quartier industriel nantais qui a vu naître le Belem et grandir Jules Verne, une autre usine accueille régulièrement des graffs sur ses murs extérieurs, depuis une vingtaine d'années. On apprend qu’elle a été rebaptisée « l’usine à chats » par des graffeurs « parce qu’il y avait plein de chats ». Petite visite des lieux.

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Sans effraction, par la porte d’entrée ou par les passages ouverts dans des grillages et des clôtures, on pouvait aussi entrer dans l’ancienne usine à charbon, du côté du quai Wilson sur l'île de Nantes. Là encore, pendant des années, les graffeurs ont envahi les lieux et ont peint sur les murs intérieurs et extérieurs des bâtiments. Aujourd'hui vide, le terrain vague reçoit encore la visite de certains qui peignent sur quelques murs oubliés.