Space Invader

Et puis, il y a le parisien Space Invader, l’un des artistes les plus actifs de la scène internationale, qui préserve son anonymat comme l’anglais Banksy. Au même titre que leur ami Shepard Fairey, ils sont aujourd’hui encensés par le monde de l’art et font partie des « célébrités mondiales du street art ».

Depuis le milieu des années 1990, Invader s’est fait connaître avec ses envahisseurs de l’espace, fabriqués en mosaïque puis collés avec du ciment dans des lieux stratégiques et emblématiques de l’espace public. Un moyen ludique de faire diversion et de s’opposer à la publicité. Avec un objectif affiché : lancer une invasion « artistique ».

C’est aujourd’hui en partie chose faite : immédiatement reconnaissables, ses célèbres personnages pixélisés inspirés de jeux vidéos sont collés sur les murs de près de 80 villes du monde. De Tokyo à Londres, en passant par Los Angeles, Istanbul, New York et Paris (où l’invasion est toujours en cours avec plus de 1 000 mosaïques collées), 3000 pièces scrutent les passants du haut des murs, narguent les caméras de surveillance, observent d’un oeil virtuel la vie réelle, invitent à jouer. Avec une particularité : chaque pièce d’Invader est unique, dans les couleurs utilisées sur les carreaux de céramique, le sens des yeux, la forme, le personnage, les bonus et les points du jeu distribués au passage. Généralement fixées en hauteur et hors de portée, ces mosaïques ont une grande durée de vie, aujourd’hui accentuée par la célébrité de l’artiste qui joue aussi avec des Rubik’s Cubes selon le même principe.

À Nantes, sur les trois Space Invaders posés en 2001, deux subsistent : l’un surveille les voyageurs du côté de la gare sud, l’autre a l’oeil sur l’entrée du Lieu Unique. Le troisième, collé sur un mur du château des Ducs de Bretagne, a disparu. Non répertoriée sur le site web de l’artiste, qui invite le public à suivre sa progression dans le monde, cette petite invasion nantaise laisse place aux interrogations et rumeurs : c’est lui, ce n’est pas lui, c’est un vrai, c’est un faux ?

Un mail a permis d’en avoir le cœur net : « il y a bien eu une invasion nantaise. Invader a posé trois pièces à Nantes. Les deux que tu as identifiées, plus une autre sur la muraille du Chateau. Cheers from space », répond le site officiel de l’artiste.

Invader s’est donc bien arrêté à Nantes. L’ennui, c’est qu’au même titre que les pochoirs de Banksy, copiés et recopiés, ses mosaïques sont régulièrement imitées. À Paris comme à Nantes, des « faux Space Invaders » circulent, sans que l’on sache très bien quelle main est derrière. En 2012, après l’apparition d’une nouvelle série de mosaïques sur les murs nantais, la ressemblance était si troublante qu’un second mail semblait nécessaire pour éclaircir les choses. « Effectivement c'en est à s'y méprendre. Mais non, Invader n’a malheureusement pas eu le temps de reposer sa navette à Nantes dernièrement. Donc faux », précise le contact Invader Studio. Il ne reste plus qu’à attendre une nouvelle invasion !

 

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