Sona

Sona est bien connu des graffeurs. Et pour cause : il fait partie des plus anciens de la scène nantaise et son lettrage si particulier retient l'attention. Depuis ses débuts en 1996, Sona n'a jamais cessé la pratique du graffiti, au sein du crew AC ou 16S. On le retrouve encore aujourd'hui d'un terrain à un autre. Retour sur son parcours et sur l'histoire du graff à Nantes.

 

"C’est dans les années 1996-97 que tout a commencé pour moi. Ayant grandi à Rezé, je voyais les graffs des ESC, au squat de Pirmil, à la gare de Pont-Rousseau et derrière le gymnase de la Trocardière, le long des voies ferrées.

Quand j’ai rencontré Dewe au collège, c’est grâce à lui que j’ai appris les règles, le jargon et c’est ce qui m’a incité à taguer ou à graffer. Très vite, une amitié est née et les terrains n’ont plus eu de secret pour moi. On ne peignait pas beaucoup à l’époque car les bombes étaient de mauvaise qualité et coûtaient cher. Les magasins spécialisés n’existaient pas à ce moment-là. Les quelques bombes récupérées ou volées à droite à gauche nous ont quand même permis de progresser sans que l’on s’en rende compte, et surtout de devenir passionnés, voire possédés ! Dès le début, Just et Zine des PDG nous ont motivé à continuer, Zeik, Ser et Nash nous ont aussi transmis leur passion.

Quelques années ont passé et le phénomène s’est accentué pour tous les graffeurs. Ensuite, j’ai rencontré Dclick par le biais de Dewe et les peintures en terrain se sont enchaînées. Surtout, on s’est mis à l’arrache : tags, chromes, flops, lignes de chemin de fer, trains… tous les supports ou murs qui nous faisaient rêver y sont passés.

Plus tard, j’ai rencontré Deg2 et Saker, avec qui j’ai monté un crew, les « AC ». On a fait des arraches ensemble, tout en continuant à peindre avec Dewe et son acolyte. On a eu la chance de vivre des moments magiques pendant quelques années. Ce qui comptait le plus, c’était le graffiti et toutes ces soirées à sillonner la ville sont marquées à jamais dans ma mémoire. J’ai aussi des souvenirs des squats aujourd’hui démolis, comme « La Centrale », le « Graffiti Village », « La Trocante », « Le Squat ». Nostalgie d’une époque révolue.

Aujourd’hui, je graff encore dans les terrains, mais je ne sors plus la nuit. J’ai une vie sociale, un travail, j’ai finalement fini par rentrer dans le moule de la société moderne actuelle, consommation pognon… mouton ! Ce sont nous les anciens maintenant !"

Sona