Happy Family (HF)

En 1999, des graffeurs se souviennent de l’apparition de nouveaux tags et de «l’entrée fracassante» dans la ville des 16$, crew formé par Ser, D.Click, Dewe, Sade, Shino, Mad, Shear... Et l’on n’en finit plus de se perdre dans les blazes et le nom parfois incroyable des bandes : « Acrolicks Calygraphyk » (AC), « Another Happy Day » (AHD), « BièRe » (BR), « Just Write » (JW), « MiXTür » (MXT), « Savate Les Kékés » (SLK), « Nantes HardKore » (NHK), « Prêt à Retourner Tout » (Par2), « Happy Family » (HF), « Pur Malt » (PM), « Bande de Morveux » (B2M) ou « Out of Control » (OOC).

Parmi ces crews, certains n’existent plus, ont changé de nom ou de ville, mais on est frappé de voir combien ils ont marqué le territoire nantais et laissé des souvenirs. Forcément, dans le lot, on cherche à croiser la route de certains. Et l’on recontacte Jiem, que l’on avait déjà rencontré. Il parle de Happy Family (HF), son crew et de ses membres désormais éparpillés un peu partout. Il raconte aussi le quartier Olivettes en 2000, évoque sa passion des trains et des hobos, sa vision du graffiti, son goût pour la simplicité et les pièces spontanées.

Radical, il s’inscrit à la base même de cette culture et rappelle qu’à l’origine, «c’est un art du ghetto, c’est une revendication identitaire dans un environnement sauvage et ultra capitaliste». Et s’emporte : «le pire, c’est la diffusion du graffiti comme phénomène de mode et commercial.  Aujourd’hui, clairement, ça fait vendre. Associé à ce terme minable de « Street Art », inventé de toute pièce par des commerciaux, des galeristes et autres rigolos, et repris bien sûr à bon compte par de nombreux « artistes ». Tu découvres du jour au lendemain des gens qui débarquent de nul part et qui se réclament du graffiti, pour vendre leurs saloperies et faire des expos bidons, ridiculisant notre culture, et son histoire. C’est le grand concours du plus que médiocre, du graffiti sur paires de basket, du « body painting », des trucs gnangans en tous genres», écrit-il en 2011 sur le blog Capdorigine. On se dit qu’il n’a pas tort et qu'on est loin ici de l'esprit du crew Happy Family, composé  de Jiem, Pecor, Deor, Obisk et Mooton.

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