Come

Come connaît bien l'histoire du graffiti à Nantes. Il raconte ici "17 ans de « peinture passionnelle".

 

"Né en 1972 à Saint Nazaire, j’ai découvert le graffiti dans les années 1987-1989, en lisant notamment un article sur la première vague de graffeurs parisiens (Bando, Boxer, Mode2, The Chrome Angelz…). Je me suis pris une claque et l'idée de faire un graff a commencé à me trotter dans la tête.

Mes premières bombes de peinture, des Altona, ont été « empruntées » à une grande surface. A partir d’esquisses pompées sur des clips américains, j’ai réalisé un premier graff de nuit, sur la buvette du stade de mon école. La sensation était perceptible : un mélange de créativité mêlé à de l'interdit. Le résultat était médiocre, pas de technique ni de connaissance sur les caps 'magiques', mais cela ne m’a pas découragé.

Pendant trois ans, j’ai fait une quinzaine de graffs la nuit. Je dessinais des esquisses, j'enregistrais des émissions, j’achetais des livres de graffiti, je me documentais. Puis, en 1991, j’ai eu un choc avec l’exposition Bomb’Art à Nantes.

En 1992, je me suis installé à Saint-Herblain pour mes études et j’ai commencé à trainer dans les terrains, notamment à l’ancienne brasserie de « La Meuse ». Toute la scène du graff Nantais était ici ! J'y passais souvent, prendre des photos ou décrypter les différents crews et tagueurs : RBC (Zaky…), PDG (Keno, Lone, Zine…), ESC (Web's, Nasher, Easy, Luis, Shok), RP1 (Sneck…), LMC (Ozer, Scottie). Je découvrais également les déboires entre crews ainsi que les toys. Cela ressemblait à des petites guerres de territoire. A cette époque, on dénombrait à peine vingt graffeurs à Nantes. J’ai sympathisé avec Nasher, Sneck, Ozer, Scotty… Puis j’ai pris le pseudo de Comet, qui vient d'une BD sur le street art, et je me suis lancé !

En 1993, j’ai beaucoup peint sous le pont de Cheviré, à Roche Maurice, dans une ancienne usine désaffectée. L’année suivante, c’était le Traffico, un entrepôt énorme utilisé lors des Allumées. Des murs vierges à profusion en plein Nantes, l’adresse était idéale ! J’y allais régulièrement avec Ozer et Scotty, ou Nasher avec qui j’ai formé le crew AJT qui a peu duré. J’y ai rencontré Web's, Shock, Easy, Luis… et toute la bande de Rezé.

L’été 1995 a tourné autour du réseau ferré et des lignes de tramway, du côté du Landreau et de la Colinière. J’ai inauguré ce terrain avec Ozer et Scotty, et je suis rentré dans leur crew, DNE. Fréon y passait aussi, nous sommes devenus amis. Parallèlement, j’ai continué à peindre à La Meuse, à La Beaujoire et à Cheviré où j’ai rencontré Nesta, un Nantais qui vivait à Grenoble.

En 1997, Comet est devenu Come. Le quai de la Loire, visible de la route et du tramway, au cœur de Nantes, était très tentant. Shok et Web’s y avaient déjà déposé deux chromes la nuit, j’ai pris l'initiative d'effectuer la première peinture en couleurs de jour, en plein milieu du mur bien sûr !

Nantes était encore un terrain non conquis et tout restait à faire. Je passais mon temps libre à peindre, de jour et surtout de nuit. Avec d’autres graffeurs, j’arpentais les lignes de tramway, le réseau ferroviaire, le périphérique, les dessous de ponts. Le but était d'être vu, et reconnu. Nous étions partout !

En 1998, avec Nesta et Web’s, nous avons inauguré le mur le plus à droite de la Meuse et créé à cette occasion le crew Both Side. L’année suivante, je suis rentré chez les ESC et les SO (avec Next de Bordeaux et AlexOne de Paris). J’ai peint avec Zine (PDG) au premier skate parc, puis très régulièrement avec lui. Je suis également rentré dans le crew SP de Boher (THS, Paris).

Au fil des ans, les plans légaux se sont multipliés, nous avons commencé à gagner de l'argent avec notre peinture. L’année 2000, avec Web’s, Shock, Just et Zine, nous avons monté Dixstyles, une association loi 1901. L'Olympic nous a subventionné pour lancer notre première plaquette. Le bouche à oreilles a fonctionné et nous avons enchainé diverses interventions picturales : institutions, centres de loisirs, festivals, expositions… Il y avait aussi des périodes creuses, moins faciles à vivre d'un point de vue financier.

En 2003, Zine et Just ont pris des orientations différentes et quitté l'association. Nous avons continué une année avec Shok et Webs, avant de la dissoudre en 2004. À la naissance de mon fils, j’ai repris un travail alimentaire et mis un terme à 17 ans de peinture passionnelle. J’en garde un souvenir très fort en découvertes, amitiés et échanges. Cette expérience m’a aussi permis d’exercer le métier de webdesigner, qui occupe aujourd’hui tout mon temps."

Come

 

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