Ador et Sémor

Forcément, on finit par attraper Ador, on apprend à le connaître, on se fait expliquer des choses puis l’on assiste à des moments de peinture, on le regarde dessiner et rigoler avec ses copains. On rencontre son ami Sémor, avec qui il peint et travaille depuis huit ans. L’énergie est collective et joyeuse, l’ambiance toujours à la fête. Des personnages en mettent plein la vue, qui sortent d’abord d’un carnet de croquis puis apparaissent sur un mur. On regarde naître en direct ces créatures imaginaires, on les voit évoluer, changer de tête, de posture et d’humeurs, jusqu’à la signature finale.

C’est ainsi que l’on apprend à décoder tous les noms écrits partout autour d’une fresque : y apparaissent les blazes du ou des auteurs, des dédicaces et le nom du crew. Un crew ? Ici c’est le nom donné à un groupe de graffeurs qui, selon les affinités et les amitiés, décident de se rassembler sous un même équipage pour peindre ensemble, s’aider, échanger des techniques et des trouvailles, partager des idées et bien se marrer ! Le plus souvent composé d’un sigle, parfois avec divers sens, ce nom collectif est ajouté à un graff individuel et aux fresques communes. Il permet de se faire connaître et de rivaliser visuellement avec d’autres bandes. Le niveau et la célébrité des graffeurs qui composent un crew font sa renommée, ce qui explique que certains soient plus connus que d’autres.

Les fresques prennent alors un éclairage nouveau, on y voit soudain un peu mieux. Et l'on s'attarde sur le travail d'Ador et Sémor, tous deux issus d'un parcours Beaux Arts. Entre peintures et installations ayant comme base le dessin, les scènes proposées dans l'espace public jouent sur le burlesque et la décadence, proposant plusieurs sens de lecture. Comme des cadavres exquis,  Ador et Sémor travaillent à quatre mains avec une complémentarité étonnante.
 

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